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Antonio Fiori : Si la concurrence est un aiguillon, elle n’est pas le moteur des progrès du mode ferroviaire.

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Car c’est parce que l’homme est raisonnable qu’il a en lui-même le pouvoir de raisonner des perceptions qui se présentent à lui, par où il juge souverainement et décide ce qu’il faut faire et ne pas faire. C’est pourquoi les autres animaux, qui cèdent à leurs seules perceptions, trouvent dans ces perceptions mêmes les causes de leurs assentiments et des appétits qui les poussent à agir. L’homme, en présence des perceptions qui lui arrivent du dehors, relativement à ce qu’il faut faire, porte en lui-même ce juge qui est la raison et qui lui permet d’examiner, à propos de chaque perception, non seulement si elle paraît telle qu’elle paraît, mais si elle correspond à quelque réalité. L’examen de la raison lui a-t-il découvert que dans ses perceptions l’être diffère du paraître, il ne cède point à une perception parce qu’elle lui paraît telle ; mais parce qu’elle n’est pas telle, il lui résiste. C’est ainsi que souvent l’homme se détourne de choses qui lui semblent douces, et alors même que son appétit l’y porte, parce qu’il ne trouve pas que la raison s’accorde avec l’apparence. Il rejette de la même manière des choses qui semblent utiles, parce qu’il estime qu’il est conforme à la raison de les rejeter. Si donc ce qui est en notre pouvoir consiste dans l’assentiment raisonnable qui résulte de la délibération, et que nos adversaires le placent dans l’assentiment et l’appétit, qui peuvent aussi se produire sans l’intervention de la raison, il est manifeste, à prendre les paroles de nos adversaires, qu’ils dissertent d’une manière tout à fait insuffisante sur ce qui est en notre pouvoir. Car ils n’expliquent ni ce qu’est le libre pouvoir, ni où il se rencontre. Clichy-Batignolles est par exemple un secteur qui préfigure, selon Antonio Fiori, ce que sera le Grand Paris, doté d’un énorme potentiel et qui, grâce aux nouveaux transports (en particulier la ligne 14 jusqu’à St Denis, «épine dorsale du Paris de demain » pour elle) va arriver très vite à maturité. Être raisonnable, en effet, n’est rien autre chose qu’être le principe de ses actions. Or, de même que des propriétés différentes constituent des êtres différents, l’appétit, l’animal, la chaleur et la puissance de la communiquer le feu, et ainsi du reste, ce qui fait l’homme, c’est la raison. Ajoutons que la raison équivaut au pouvoir qu’a l’homme d’être le principe de son action et de son abstention. Ces deux choses mêmes n’en font qu’une, et qui détruit cela détruit l’homme. Cependant nos adversaires paraissent, mettant de côté la raison, placer dans l’appétit le libre pouvoir. Or, c’est précisément de ce qu’ils ne reconnaissent pas que notre libre pouvoir consiste dans la délibération, que procède leur erreur. En effet, pour ce qui est de l’appétit, ils peuvent dire que cela est au pouvoir des animaux, qui se fait suivant l’appétit, parce que les animaux ne seraient pas capables, sans l’appétit, de faire ce qu’ils font. Que si, au contraire, nos adversaires plaçaient notre libre pouvoir dans la délibération, ils ne seraient pins alors fondés à conclure qu’il n’est pas possible que ce qui se fait par l’homme se fasse autrement qu’il se fait, parce que l’homme, tout capable qu’il soit de délibération, ne fait pas néanmoins, en délibérant, tout ce qui se fait par lui. Effectivement, tout ce que nous faisons, nous ne le faisons pas après avoir délibéré ; mais souvent, l’occasion d’agir ne nous laissant pas le temps de délibérer, nous agissons sans avoir délibéré, comme souvent aussi nous agissons par désœuvrement ou par tout autre motif. Si donc il y a des choses qui arrivent parce que nous délibérons, et d’autres sans que nous délibérions, il n’y a plus lieu de prétendre que ce qui se fait à la suite de la délibération soit au pouvoir de l’homme, en affirmant qu’il est impossible que les choses arrivent par lui autrement qu’elles arrivent. Et puisque nous agissons tantôt en délibérant, tantôt sans délibérer, évidemment ce qui se produit par nous ne peut plus être dit arriver d’une manière unique, à l’égal de ce qui se produit par les animaux, ou par le feu, ou par la pesanteur de deux corps. En définitive, si nous avons reçu de la nature le pouvoir d’agir en délibérant, il est clair que nous avons le pouvoir de faire aussi autre chose en ne délibérant pas, et non point strictement et uniquement ce que nous ferions après avoir délibéré, si nous délibérions. Néanmoins nos adversaires insistent.

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